On parle de plein de choses, de voyage, d'ânes, d'aventure, de Compostelle, de philosophie de vie... Mais l'heure tourne, alors on avale quelques tartines et on va chercher Marius qui appelle depuis un moment.
On reprend la route direction la plaine de Culaz.
On laisse derrière nous le Grand Colombier, qui culmine à 1531m.
Son sommet domine la haute vallée du Rhône et le lac du Bourget (situé dans le département de la Savoie) ainsi que la commune de Culoz dans l'Ain. Depuis le Grand Colombier, on peut voir voir le défilé de l'Écluse, les monts Jura, le Vuache et le Salève, le lac Léman et Genève, les Alpes bernoises (dont l'Oldenhorn et les Diablerets), le plateau des Glières, les dents du Midi, le lac d'Annecy, le Semnoz et le Parmelan, le massif des Aravis, le mont Blanc, la Vanoise, les Bauges, le massif de Belledonne ou encore le massif de Chambaran, Lyon, et le massif du Pilat dans le Massif central. Par beau temps, il est possible d'apercevoir le Vercors, le plateau des Vans et les monts d'Ardèche, les monts du Forez et jusqu'au Chasseral, dans le Jura suisse.
On perd 700 m d'altitude tout en douceur pour rejoindre la vallée du Valromay.
On quitte petit à petit la forêt pour des espaces plus ouverts, on retrouve des hameaux habités et de moins en moins d'habitat dispersé.
À Virieu le petit, on se cale dans un pré pour déjeuner, et on enlève les polaires du matin puisque le climat est redevenu très doux, voire chaud !
Il y a moins de troupeaux, mais des champs de céréales à perte de vue. Nos cuisses et nos mollets apprécient aussi ce retour au plat !
Du coup on avance bien, on passe plusieurs villages, avec vue sur les Alpes au loin.
A Artemare, surplombé par le magnifique château de Machuraz, une dame, qui nous ravitaille en eau, nous offre quelques bons cookies au chocolat, fabrication maison !
Puis un très beau chemin longe le Séran, large et bucolique : quelle quiétude !!!!
... Ça ne va pas durer car on rejoint une départementale, vendredi fin de journée, les automobilistes sont pressés de rentrer chez eux, ils se croient seuls sur la route et on roule comme des sacs !!
Heureusement c'est plus calme ensuite sur l'ancienne voie romaine.
Dans le petit hameau d'Artosset, on est touchés par la gentillesse des gens.
Plusieurs d'entre eux nous proposent spontanément de l'eau et donnent des carottes à Marius, qui les engloutit bien volontiers !
Malgré la nuit qui commence à tomber, on poursuit à travers le bois des Colleurs.
On tente ensuite un raccourci à travers les champs pour éviter une autre départementale non éclairée.
On met finalement un peu de temps avant de récupérer notre chemin, et du coup il fait vraiment nuit pour les derniers kilomètres de la journée à travers la forêt qui débouche sur Puglieu.
On longe une ancienne nationale sur 300 m avant d'arriver au village.
Entre les virages et l'éclairage public minium, c'est chaud !
Mais tout se passe bien et on se pose dans le premier champ qu'on trouve à l'entrée du village.
Pas de tente ce soir, le ciel est magnifique, rempli de millions d'étoiles scintillantes dans l'immensité : parfait pour notre dernière nuit sur la Gtj...!
Il est tard, on est fatigués et il commence à faire froid, du coup on est un peu démotivés pour se faire à manger, donc c'est Prince et chips...et dans nos duvets !
Sans lumière et sans électricité, on s'est couchés tôt et on est en forme pour attaquer une grosse journée de marche, puisqu'il nous reste 2 jours pour boucler les 60km sur la Gtj.
Avec 5 jours de retard, on doit organiser le retour entre Châtillon en Diois et la maison, puisqu'on n'aura pas le temps de le faire à pattes.
Il nous faut aussi caler le transfert entre l'Ain et le début du Vercors.
Juste avant de rebater Marius, on se rend compte qu'il y a deux ânes dans un pré juste dernière nous !
On ne les a même pas vus, et Marius n'a pas vendu la mèche non plus !
On repart à 8h précises et avec seulement un litre d'eau, tout ce qu'il nous reste d'hier puisqu'on pensait faire le plein de nos gourdes au gite !!
Nous retrouver devant une porte close nous a mis en colère : pas de message sur leur répondeur ni sur leur site pour annoncer une fermeture exceptionnelle. Et rien non plus sur la porte du gite ! Pas très pro, et pas très respectueux de la clientèle ...
On imagine les conséquences que ça aurait pu avoir pour une famille avec des enfants sur un plateau ou les fermes habitées sont rares.
Après quelques kilomètres de marche, on est pris dans une brume humide et froide. On remet la polaire !
On marchera dans ce brouillard à l'anglaise jusqu'à la mi-journée. On croise un groupe de randonneurs au crêt du Nu, le point culminant de la Gtj, à 1351 m !
Cette partie de la randonnée offre plusieurs points de vues remarquables sur les alpes de Nord, mais malheureusement pour nous, on ne voit même pas 10 mètres devant, donc pour la vue sur le Mont Blanc c'est rapé !
Les chemins que nous empruntons sont agréables, finies les grandes montées !
On descend doucement vers la plaine, à un bon rythme.
On rencontre deux cavaliers suisses avec qui on fait une petite pause bien sympa. Touchés par notre action, ils font un don pour Solidarité Elisa et prennent des cartes pour les laisser au gite où ils vont passer la nuit.
Marius à fait peur au petit Yorkshire des promeneurs, qui s'est enfui dans les prés en aboyant et qu'ils ont eu bien du mal à récupérer !
Le soleil étant réapparu, et l'ascension de quelques collines, la soif commence à se faire sentir et nos gourdes sont sèches. Heureusement des randonneurs nous ont dépanné d'un litre salvateur.
Vers 18h, avec déjà 22 km dans les pattes, nous arrivons au gite d'Arvières. Tout près d'une ancienne chartreuse du 12ème siècle, c'est un chalet connu et apprécié de tous dans la région, qui a été rénové et converti en café/gite grâce à des fonds publics (Onf, UE, région,...).
Le jeune couple qui le tient en a fait un endroit à la fois très simple et très chaleureux, dans un esprit alternatif, écolo, bio au maximum, local (fromages, bières,..), bref tout bon.
On était partis pour prendre une boisson chaude + une part de gâteau au choco, et repartir pour 10 km de plus, mais on a finalement succombé au charme du lieu, et au menu du soir : un délicieux gratin de légumes du jardin au quinoa (sans parler du plateau de fromages locaux et bio : juste fouuu !!).
D'autant que les quelques coups de fils passés pour organiser la suite (transports / Vercors / maison) nous permettent de nous offrir cette soirée de répit.
Nos affaires détrempées et les sacoches de Marius ont pu sécher sur la corde à linge et la vaisselle est faite !
Nous sommes attendus pour le petit déjeuner avec nos hôtes, dans leur grande véranda.
De là, on découvre le paysage local, puisque nous sommes arrivés de nuit hier.
Nicole à fait un délicieux gâteau au chocolat que nous honorons avec gourmandise !
Peu avant de partir, nous restituons à son propriétaire la boîte métallique vide que nous avons trouvée la veille en forêt, avec éparpillés autour des trousseaux de clé, des centimes, une carte Métro, un chèque et des reçus de carte bancaire.
Nous avons pensé qu'il s'agissait de la caisse d'un hôtel, vraisemblablement volée et dont l'auteur du délit se serait débarrassé dans les bois après avoir empoché les billets.
Nous avons donc ramené tout ce que nous avons trouvé, avec l'intention de déposer tout cela en gendarmerie.
Finalement nous avons appelé l'hôtel directement.
Le fils des propriétaire de l'hôtel vient directement chez nos hôtes récupérer ses effets et nous offre en remerciement une bouteille de vin et une bouteille de champagne.
Nous les laissons à nos hôtes en raison du poids.
Après une bonne douche, c'est seulement vers 11h que nous prenons la route.
Le temps de faire des courses à la supérette du coin, nous nous faisons alpaguer par les institutrices dans la cour de l'école maternelle du village. "Vous pouvez venir montrer l'âne aux enfants ?" On y va ! Ils sont trop mignons !
Entre temps, c'est la fin des cours et les parents viennent chercher leurs petits. L'occasion de distribuer des cartes et de discuter avec quelques uns d'entre eux.
C'est finalement l' après midi qu'on décolle vraiment, pour attaquer une journée de marche bien pentue, direction le plateau du Retord : +1400 m de dénivelé.
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| Petite rivière à travers bois... |
On traverse d'abord les bois pour arriver à Châtillon en Michailles. La montée commence dans une petite forêt à la sortie d'un lotissement. Ça grimpe plutôt fort, et c'est parti pour durer. Heureusement la météo est avec nous : il ne fait pas trop chaud et un petit vent bien agréable vient nous rafraîchir.
C'est difficile même pour notre ami Marius au maillot à pois, qui transpire beaucoup et s'arrête souvent. On ne le force pas, il monte à son rythme et on le laisse reprendre son souffle quand il en a besoin (et ça nous arrange bien car pour nous aussi c'est un peu compliqué !!).
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| Quelle tristesse, se dit Marius ! Mes congénères hachés !!! |
La "route stratégique", une piste plate, nous offre un répit de courte durée, car la pente va reprendre de plus belle (plus de 15%), et sur de longs kilomètres, dans le bois de Lavanche.
Ça se calme à partir du refuge de la Conay, d'où on peut voir le Jura et même, par beau temps, le Mont blanc.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui, le paysage est bouché par la brume et les nuages de pluie.
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| Balise en sursis !!! |
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| Les monstres des étendues sauvages |
Il n'y a eu une aucune réponse à nos appels téléphoniques dans l'après midi et le site internet n'annonce pas de fermeture.
Il est déjà presque 21h donc nous décidons de nous installer dans la sellerie pour passer la nuit.
Il y a de l'herbe pour Marius et nous serons au sec, ça fera l'affaire !
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On prend le temps de se faire un bon petit dej' sur les tables de pique - nique du chalet Romans-Petit.
Requinqués, on rebâte Marius et on reprend la route. Notre objectif de la matinée est Giron, à environ 10 km de là.
On descend par une piste en forêt pour gagner le belvédère de la roche Fauconnière, où nous avons rencontré de nombreux écoliers en sortie scolaire et quelques promeneurs.
En chemin, on se gave de framboises sauvages !
Il est midi quand nous arrivons vers le village. Xavier nous quitte ici, puisque nous continuons par la forêt alors que lui va tâcher de se trouver un stop jusqu'à Bellegarde, d'où il rentrera à Saint Étienne en train.
Le temps de manger un bout et on repart.
Quelques kilomètres plus loin, la pluie s'invite et elle ne nous quittera plus jusqu'à la nuit. Heureusement nous traversons plusieurs forêts dont les arbres nous protègent.
Petit à petit, on s'éloigne des monts et des combes du Haut Jura.
Le paysage s'ouvre sur les pâturages et les clairières du Haut Bugey.
Jusqu'au village de Montanges, les descentes sont longues et glissantes mais Marius les gère plutôt bien, même si souvent c'est plus son estomac que sa tête qui commande à ses pattes !
À Montanges, on s'arrête quelques minutes au sec dans l'ancienne gare du tram, le temps de faire le point sur la carte. Comme nous, Marius est trempé et on se dit qu'il serait vraiment bon d'avoir un endroit pour dormir au sec ce soir...
On décide de se rapprocher de Châtillon en Michailles.
On traverse le pont des pierres, construit jadis pour le tram qui reliait deux flancs de montagne.
Il y eut en effet un tram dans ces montagnes Les travaux commencèrent en 1907
(la ligne atteint Champfromier en 1909) et quatre ans plus tard les 20 km qui
séparent Bellegarde de Chézery sont en service, Ce fut le premier tram de
l'Ain électrifié dès sa construction (les autres le seront en 1933), le
courant était distribué par l’Ausine de Sous-Roche. Au début de l’ exploitation,
le trajet complet durait de 1h30 à 1h40 avec un arrêt de 5 min au Pont des
Pierres au niveau de la douane.
On comptait quatre aller-retour par jour en hiver et cinq en été, pendant la première guerre ils seront réduit à deux. Une trentaine de personnes travaillait sur la ligne dont trois électriciens à Sous-Roche. Dans les années 20, le tram transportait du bois, du plâtre et de l’asphalte (mines de Forens) mais surtout des marchandises qui circulaient simplement entre les stations de Bellegarde. |
Mais voilà que Marius fait un blocage sur une trace de goudron au bout du pont, impossible de le faire avancer ! Marius, tu régresses !!!
Toujours en longeant l'ancienne voie du tram, nous arrivons à Confort.
Comme il fait déjà nuit, nous tapons à la porte de la première maison pour demander si on peut camper dans le champ voisin.
La propriétaire nous renvoie vers la ferme un peu plus haut, mais comme personne ne répond, on se dirige vers le village.
À ce moment là, un retraité (en fait le beau - père de la dame de la première maison) sort de sa maison inquiet de voir les chevaux du champ voisin caracoler dans les tous les sens (c'est l'effet Marius sur les chevaux !!).
Il cherche des solutions pour nous dépanner, et finit par nous proposer son appentis, puis le rez de chaussée de leur maison.
Il y fait sec et chaud, on a de l'eau chaude, une gazinière et même la radio : grand luxe !! Lui et sa femme nous offrent des poires et des tomates de leur jardin pour compléter notre dîner. Et aussi une bonne bière !
Marius est en longe dans le jardin, mais je le déplace au cours de la soirée, car il est un peu effrayé par les chevaux d'à côté qui sont eux- mêmes affolés par la présence d'un âne !
Xavier, un ami rencontré à Momonron lors du Marius tour 2013 et avec qui j'ai gardé contact, doit nous rejoindre ce matin à Lajoux, le prochain village.
Nous y arrivons moins d'une heure après le départ de Lamoura.
En arrivant, on tombe sur la maison du parc régional du Haut Jura, où nous décidons de nous arrêter pour vider notre sac : les dégâts causés par les travaux forestiers, les balisages manquants, les arbres tombés en travers des chemins dont personne ne se soucie ...
rendent certains passages franchement dangereux pour les équidés.
La personne du parc que nous avons rencontrée nous a entendus, à pris note de toutes nos remarques et nous a assuré qu'elle ferait remonter aux différents interlocuteurs concernés (association de la Gtj, communautés de communes, etc..).
C'est à ce moment là que Xavier nous rejoint : il a repéré Marius stationné sur le trottoir ! Il est déjà 11 heures quand nous reprenons tous les quatre le chemin.
On contourne le village de Mijoux puis on emprunte un chemin forestier, sur lequel on s'arrête pour déjeuner après une heure de marche, avant de commencer sérieusement cette journée !
Notre cadence est plutôt rapide et le chemin, malgré quelques parties boueuses et de courtes averses, est plutôt facile.
On remonte aux Humberts, qui nous offre une très belle vue sur les monts Jura.
On voit au l'orage au loin, de l'autre côté de la montagne et on entend le tonnerre en sourdine.
À Croaby, on traverse d'étranges prairies bosselées. Le paysage est un peu surréaliste, on se croirait sur un terrain de golf géant !
On s'arrête à l'une des maisons pour se ravitailler en eau.
La pluie redouble d'intensité. Heureusement on semble avoir évité un sérieux orage, d'après les énormes flaques d'eau qui jalonnent notre chemin.
On apprendra le lendemain qu'il a même grêlé !
On avance à travers les pâturages mais l'orage semble revenir vers nous.
On décide alors de terminer notre journée à la borne au Lion.
Ça fera tout de même une journée à 25 km.
De toute façon, impossible de poursuivre au delà : il est tard et ensuite ce sont des kilomètres de forêt qui nous attendent, donc impossible de nous arrêter pour la nuit car Marius n'aurait pas assez à manger.
Il y a bien quelques fermes sur notre chemin, et une ancienne école, mais tout est fermé et inoccupé.
On poursuit donc vers le col du Merle qui offre une très belle vue sur les monts du Jura. On voit évoluer à toute allure les nuages et la brume dans la vallée juste en face de nous, c'est à la fois très beau et très impressionnant !
On se dit tous "pourvu que le vent change encore de direction !!". On arrive finalement à la borne au lion, 1300 m d'altitude, après 20h.
On tente une approche dans une grande ferme en contre bas, en espèrant pouvoir poser nos duvets dans une grange ou une étable, à la l'abri.
Mais le berger allemand / légionnaire russe qui nous ouvre s'en moque et nous répond que si on a une tente on sera très bien là haut.
Un peu dépités par ce sens de l'hospitalité tout particulier (euphémisme rural...), on s'installe au chalet Romans-Petit, à la dite borne.
Le chalet (fermé, nous serons sous son préau) est un mémorial militaire en l'honneur des maquisards, commandés par le général Romans-Petit. La borne à été implantée en 1613 pour délimiter la frontière entre la Franche-Comté, possession espagnole jusqu'en 1678, et le Bugey et le pays de Gex rattachés au royaume de France.
Aujourd'hui, le borne marque toujours une frontière : celle du Jura et de l'Ain, qui sera le 4ème département que l'on va traverser à partir de demain, après le territoire de Belfort, le Doubs et le Jura.
On passe une bonne soirée tous les 3, même si on est un peu dans le vent et que "l'accueil" du berger nous a un peu refroidis, on rigole bien, on refait le monde et on est très bien ici, sous un panorama magnifique encore éclairé par la pleine lune.
Dans la nuit, on se fait réveiller par de grosses bourrasques de vent qui annoncent un énorme orage. On voit toujours des éclairs qui illuminent régulièrement le ciel d'un jaune-orange vif.
Je ramène Marius sous le préau pour qu'il soit à l'abri de la pluie, puis chacun s'enferme le plus hermétiquement possible dans son duvet, en attendant que les trombes d'eau commencent à tomber.
Finalement, chacun se rendort et par on ne sait quel miracle, l'orage nous a épargnés, on se réveille le lendemain matin parfaitement secs !
Aaah, la magie de la rando !!!
La commune des Rousses est située à la frontière suisse, et au début du xixe siècle, l’état major français craint une éventuelle attaque par un belligérant qui aurait violé la neutralité suisse. En 1841, le Ministère des Finances (France) vote un crédit pour la construction d'un fort et un terrain de 93 hectares est acquis au sud-ouest de la commune. Les travaux commencent en 1843 et se poursuivent durant une vingtaine d'années. L’inscription sur le porche d’entrée est 1848, mais il est considéré comme véritablement terminé en 1862-63. À 1 150 m d'altitude, le fort des Rousses est la deuxième forteresse française par la superficie (après le Mont-Valérien): 21 ha à l'intérieur du mur d'enceinte, plus de 50 000 m² de salles voûtées et des kilomètres de galeries. Il est construit en pierre calcaire extraite localement et largement recouvert de terre comme protection supplémentaire contre les bombardements.
Le fort possède deux portes d'entrée. Au Nord, construite entre deux passages couverts voûtés, la porte de France. À l'Est, la porte de Suisse, protégée par un pont-levis à la Poncelet et couverte par une importante tenaille, est considérée comme la porte principale. Le fort des Rousses a été doté de trois casernes monumentales. Aucune source n'alimente les réserves d'eau et seules les eaux recueillies sur les terrasses des bâtiments après les pluies ou la fonte des neiges remplissent les citernes installées sous chaque bâtiment.
Le fort est utilisé par les militaires jusqu'en 1919 puis abandonné.
Il reprend du service durant la 2ème guerre mondiale
En 1997, l'État le vend à la commune des Rousses.
Il est alors restructuré pour abriter les caves d'affinages des fromageries Arnaud et l'entreprise de lunetterie Comotec. La fromagerie Arnaud aménage d'immenses halles d'affinage dans les caves voûtées, qui affichent été comme hiver une température de 8 °C. Plus de 75 000 meules de comté y mûrissent. Il sert aussi de cadre à un parcours d’aventure et d’exploration de souterrains.
Il fait frais et c'est un peu dur de sortir des duvets, même si la vue sur le lac est très belle... On repousse le réveil jusqu'à 7h45.
Les premiers rayons du soleil sont les bienvenus ! Petit café et une barre de céréales chacun parce qu'on n'a plus grand chose à manger, rangement de nos affaires, brossage de Marius, équilibrage des sacoches, bâtage et c'est parti !
Dans un petit hameau qu'on traverse, on voit un grand gîte très joliment aménagé, avec des cabanes en bois dans les arbres.
On monte sur le chemin de Mandrillon, puis on rejoint la route forestière de la Joux de l'Ezat par un chemin visiblement en cours d'exploitation, vu les nombreux branchages et troncs en travers du chemin !
On a été obligés de quitter le chemin à plusieurs reprises pour éviter ornières et troncs. Avec Marius, on s'est tous les deux retrouvés dans une mare de boue, dont on a eu du mal à sortir !
Le temps pour moi de passer une paire de chaussettes sèches et de manger un bout, on attaque la vertigineuse descente du flanc de la montagne à travers un chemin forestier, encore une fois en très mauvais état : de la boue, des cailloux, des branches partout, et pour couronner le tout, un balisage qui semble parfois aléatoire et fantaisiste.
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| En guise de balise ...sur une route forestière ... |
On arrive enfin à Tancua, sous un soleil de plomb. La plupart des maisons sont en bois et immenses, et comme la plupart des villages qu'on traverse, c'est le calme plat.
On prend ensuite une route goudronnée pour descendre jusqu'à la Bienne, la rivière qui coule touuuut en bas de la montagne (500 m de dénivelé négatif).
Un petit pont en bois nous permet de la traverser, et c'est parti pour l'ascension de l'autre montagne !
On atteint la Mouille par un très beau (mais très raide) sentier de feuillus. Si, dans la descente Marius a été très lent, il nous impressionne dans la montée et avale les 320 m de D+ avec facilité. Maillot à pois pour Marius !!
À la Mouille (oui on a mouillé le maillot..) on sonne à une maison pour demander de l'eau. Contrairement à son habitude, Marius aussi est assoiffé et il nous le fait savoir lorsqu'on lui montre sa gamelle d'eau, par de petits "braiements" (= action de braire) étouffés.
Il est presque 16h quand on s'arrête enfin pour déjeuner. Avec seulement une barre de céréales et une demi-compote de pomme chacun dans le ventre, ça fait du bien !
Une demie-heure plus tard, Marius est déjà rebaté et on prend la direction de Morez mais les choses se gâtent rapidement : plus aucun balisage de la Gtj. Ni du GR. Ni aucun d'ailleurs.
Il y a 6 chemins (ou ce qu'il en reste, après le passage des forestiers).
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| Elle est pas belle, la forêt ? |
![]() |
| Vive le parc régional du Jura !!! |
Heureusement qu'on est dans le parc régional du haut Jura !!!
Ça donne juste envie d'envoyer des mails d'insultes à l'Onf, à la Gtj au parc , aux communes !! Cerise sur le gâteau, le chemin qui n'en est plus un, recouvert d'un épais tapis de feuilles mortes et hyper raide.
![]() |
| Et voilà le travail ! |
Grosse galère pour trouver le passage le moins dangereux pour Marius, qui descend quasiment sur son postérieur .. L'expression "freiner des 4 fers" prend tout son sens !
Sans parler des trous dans le calcaire, véritable piège pour les sabots de Marius, qui s'est retrouvé à 2 reprises la patte s'enfonçant jusqu'au genou ! Heureusement il n'a pas paniqué et s'en est sorti tout seul.
Ça ne serait pas arrivé si les chemins étaient correctement balisés, puisque nous n'aurions pas du passer par là.
On arrive enfin à une piste, qui nous fait retraverser la Bienne et nous mène à la Doye.
D'après la carte, nous ne sommes pas loin des Rousses.
Mais en réalité, ce sont 5 km de grimpette. Le chemin traverse puis longe la nationale. On se fait héler en route par des automobilistes bretons qui s'arrêtent pour faire connaissance avec Marius et finissent par faire un don pour Solidarité Elisa.
Ah oui ! J'ai oublié de vous dire que les jours précédents, on a vu plein d'écureuils et un petit serpent tout noir.
C'est finalement à 21h30 et à la frontale qu'on arrive aux Rousses, station de ski de 3000 habitants l'été et 20000 l'hiver, toute proche de la frontière suisse.
En ville, on répère un terrain d'herbe haute sur lequel on pourrait s'installer pour la nuit. On frappe à la porte de la maison qui le jouxte. Le terrain n'appartient pas au couple qui nous ouvre, mais ils nous donnent un coup de main pour y attacher Marius et nous offrent de profiter de leur cuisine pour faire notre tambouille du soir.
On accepte volontiers de se poser un peu au chaud, et on est royalement reçus : cidre trop bon, comté trop bon, mais surtout hôtes très généreux et soucieux de notre bien-être !
On passera finalement la nuit à l'abri de l'humidité, sur leur terrasse.
Notre action
Le parcours
Le parcours peut évoluer au fil des jours... Suivez le blog mis à jour quotidiennement pour connaître plus précisément notre avancée.
Jour 1- Mercredi 13 août - Andelnans - Montbeliard : 18 km
Jour 2 - Jeudi 14 août - Montbeliard - Saint-Maurice-Colombier : 14 km
Jour 3 - Vendredi 15 août - Saint-Maurice-Colombier - Rang : 17 km
Jour 4 - Samedi 16 août - Rang - Arsuans 14 km
Jour 5 - Dimanche 17 août - Arsuans - Sancey-le-Long : 18 km
Jour 6 - Lundi 18 août - Sancey-le-Long - Charmoille : 16,5 km
Jour 7 - Mardi 19 août - Charmoille - Laval-Le-Prieur : 17,5 km
Jour 8 - Mercredi 20 août - Laval-Le-Prieur - Fournet : 15 km
Jour 9 - Jeudi 21 août - Fournet - Longeville : 20 km
Jour 10 - Vendredi 22 août - Longeville - Pontarlier : 20km
Jour 11 - Samedi 23 août - Pontarlier- Lac de Saint Point (Les Grangettes) 17,5 km
(124,5)
Jour 12 - Dimanche 24 août - Lac de Saint Point - La Chapelle d'Huin : 22,5 km
Jour 13 - Lundi 25 août - La Chapelle - Geraise : 24,5 km
Jour 14 - Mardi 26 août - Geraise - Arbois (La Châtelaine) : 25 km
Jour 15 - Mercredi 27 août - Arbois - Poligny : 18 km
Jour 16 - Jeudi 28 août - Poligny - Château-Chalon : 20.5 km
Jour 17 - Vendredi 29 août - Château-Chalon - Lons-le-Saunier - Verges : 23,5 km
Jour 18 - Samedi 30 août - Jour Verges - Chambly : 25 km
(159 km)
Jour 19 - Dimanche 31 août - Chambly - Abbaye de Grandvaux : 28 km
Jour 20 - Lundi 1er septembre - Abbaye de Grandvaux - Les Rousses : 20 km
Jour 21 - Mardi 2 septembre - Les Rousses - La Joux : 24 km
Jour 22 - Mercredi 3 septembre - La Joux - Giron : 25 km
Jour 23 - Jeudi 4 septembre - Giron - Châtillon-en-Michaille : 21 km
Jour 24 - Vendredi 5 septembre - Châtillon-en-Michaille - Col de Richemond : 25 km
Jour 25 - Samedi 6 septembre - Col de Richemond - Réserve naturelle du marais de Lavours : 26,5 km
(16.5 km)
Jour 26 - Dimanche 7 septembre - Marais de Lavours - Arbignieu
Jour 27 - Lundi 8 septembre - TRAVERSEE DU VERCORS...
Jour 28 - Mardi 9 septembre -
Jour 29 - Mercredi 10 septembre -
Jour 30 - Jeudi 11 septembre -
Jour 31 - Vendredi 12 septembre -
Jour 32 - Samedi 13 septembre -
Jour 33 - Dimanche 14 septembre -
Jour 34 - Lundi 15 septembre -
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septembre
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