La nuit à été longue dans le cabanon.
Je n'ai quasiment pas fermé de l'œil de la nuit tant la descente vers Châtillon dont on nous a tant parlé me travaille.
Alors que la pluie ne cesse de tomber dehors, j'ai eu le temps d'apprendre par cœur la carte, d'étudier chaque lieu dit et chaque virage qu'on va passer.
Le ciel est gris et tout bouché, "bas et lourd".
Pensant qu'il y avait peu de chances pour que le ciel s'éclaircisse franchement, à 9h, malgré la pluie et le froid, on range les affaires en allégeant les sacoches de Marius (on prend des choses dans nos sacs) pour éviter que le lourd chargement ne l'entraîne si la descente est très raide.
C'est un Marius trempé, grelottant et de mauvais poil qu'on bâte.
Il a eu la grande idée de dormir sous la gouttière, du coup il a pris des trombes d'eau toute la nuit.
On fait une dernière photo de cet endroit qui a son charme dans le gris mélancolique de la pluie, mais qui serait vraiment époustouflant sous un rayon de soleil.
Nico l'appelait "le doigt de dieu", je crois qu'on y reviendra sur les hauts plateaux juste pour ça !
En attendant, c'est le moment de la descente tant redoutée. Impossible de faire demi-tour par le GR91 emprunté la veille.
Le vent souffle très fort sur le flanc de la montagne qui est encore nu et très exposé (la forêt est plus basse), au point que certaines bourrasques nous déséquilibrent !
C'est dans ces moments là qu'on est contents d'avoir des bâtons de marche !
Ceux qui pensent que c'est un accessoire pour "randonneur senior" devraient tenter le GR91 sur les hauts plateaux sans bâtons !
La fameuse descente commence finalement tranquillement, sur un chemin assez large et qui serpente en une descente raide et caillouteuse, mais largement accessible.
Un peu plus bas, le vent se clame et on trouve du crottin d'âne.
Ça me rassure toujours de voir du crottin, car si d'autres ânes sont passés par là, mon Marius de compétition passera, pour sur !
On perd rapidement de l'altitude, les virages s'enchaînent, on fait très attention mais tout se passe très bien.
Marius à juste le don de m'agacer car je lui demande de se concentrer sur la descente, et lui ne pense qu'à manger !
A choisir entre un passage facile sur de la terre, et un passage difficile sur les cailloux mais avec de l'herbe au bord, devinez où il passera ?!!
Entre temps, la pluie s'est arrêtée et le ciel est maintenant d'un grand bleu, presque tous les nuages ont disparu !
On quitte le Parc régional du Vercors, puis on traverse une petite forêt dans laquelle le chemin est glissant.
Les virages sont compliqués et Marius glisse souvent dans la terre molle ou les feuilles humides, sans caillou pour l'aider à s'arrêter.
Heureusement à chaque fois soit il finit par se rattraper, soit on le rattrape in extremis par le licol ou les sacoches.
Finalement la descente n'est, en soi, pas très difficile, on la noterait 3/5 en difficulté.
En revanche, elle est longue : en 8km on perd 1400m d'altitude, et la pluie de ces dernières heures rend certains passages très glissants.
C'est vers 14h qu'on arrive dans le joli village de Châtillon en Diois.
Marius est stationné à la fontaine devant la Mairie, et comme souvent, attire les passants.
L'occasion de distribuer les dernières cartes.
Dernières, car le temps tourne à l'orage et un coup d'œil à la météo nous informe que les intempéries vont toucher toute la région ces prochains jours.
Ne pas prendre de risques avec les orages attendus jusqu'au week-end et rentrer ?
C'est finalement cette option que je prends.
Un petit coup de fil à Patrick et Lydie de l'association "A fleur d'âne" située à Plan de Baix dans le Diois.
Ils acceptent de venir nous chercher et de nous ramener à la maison.
Mais Marius ne l'entend pas de cette oreille et rechigne à grimper dans le van, lui qui pourtant est monté très facilement le jour du départ, mais aussi dans la décapotable de Nicolas pour rejoindre le Vercors une semaine plus tôt.
Quinze bonnes minutes sont nécessaires pour le décider à rentrer !
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| Dernier regard sur les sommets du Vercors |
Pas envie de rentrer l'ami ?!?! Comme je te comprends !!
Changement de rythme. Déjà.
Cinq semaines au pas de l'âne, ça passe trop vite !
La clôture est à peine refermée que mon compagnon de voyage se met à braire de toutes ses forces.
Un cri de désespoir qui nous déchire.
Sa prairie est-elle devenue trop petite pour lui après un si long et beau voyage ?
Mais.. les choses n'allaient pas être aussi simples !
C'était sans compter l'aléa, la découverte, la surprise, l'inattendu grain de sable qui ferait s'enrayer la machine !!
L'objectif est d'arriver à Châtillon en Diois dans l'après midi.
Le temps est couvert et frais. Nous essuyons quelques pluies éparses mais pour l'instant on est loin des gros orages annoncés la veille.
Un grand troupeau de moutons est en train de traverser le chemin sur lequel on marche.
Ça bêle à tout va, les curieux s'arrêtent et nous observent un bref instant avant de détaler. Mais les patous n'ont pas manqué de remarquer la présence d'intrus à proximité de leur troupeau, ils arrivent donc nous les uns après les autres en aboyant.
Ils gardent cependant une certaine distance, peut être grâce à la présence de Marius.
Le berger arrive ensuite, accompagné de ses 2 border collies, il rappelle ses chiens et nous invite à poursuivre notre route comme si de rien n'était.
On reste sur nos gardes car être encerclés par 3 gros patous qui nous aboient dessus est quand même impressionnant !
Rapidement les deux GR se séparent.
C'est pour nous le début de 400m de dénivelé et de galère !
Le chemin devient un sentier de cailloux raide et très étroit.
Les marches de calcaire à gravir sont très hautes et souvent il faut trouver une déviation plus praticable pour Marius.
Plus on monte et plus c'est compliqué, au point de devoir le débater, et encore, à certains endroits on n'était pas sûrs qu'il soit capable de passer, même à vide.
Je me suis demandé s'il n'était pas plus prudent de faire demi-tour, car un pas travers et ça pouvait être la catastrophe.
Mais une fois débaté, Marius à démontré sa bravoure et son pied montagnard avec un brio hors du commun.
Il a été épatant, et a avalé la très raide dernière portion en se permettant même de faire des petites pauses gourmandes à base de chardons au bord du sentier !!
Sacré Marius !
Du coup, nous l'avons attaché à un arbre en haut, et avons fait plusieurs allers-retours pour monter sacoches et sacs à dos.
Le tout nous aura pris 2 bonnes heures et beaucoup de calories pour parcourir seulement 500m de distance !
Là haut, nous reprenons des forces très rapidement car l'après midi est déjà bien entamé.
En guise de récompense, on a droit à la visite de quatre magnifiques vautours qui volent au dessus de nous.
Leur envergure est impressionnante et leur facilité à passer d'un sommet à l'autre nous rend quelque peu jaloux !!
Marius est rebaté, mais après 800 m, nous le débattons à nouveau pour un autre passage technique.
Il nous fait un magnifique petit saut de cabri pour nous rejoindre sur le gros caillou. Il est au mieux de sa forme !
Arrivés à presque 2000m, il est presque 16h.
On prend quelques instants pour contempler la superbe vue : tout autour de nous, on ne voit que des montagnes.
Le Vercors évidemment, mais aussi les Alpes, et jusqu'aux monts d'Archèche, en passant par les Écrins et le Devoluy.
Un grand réconfort après tant d'émotions !
Le chemin est ensuite plus facile, mais on perd à plusieurs reprises la trace de notre fameux GR.
On égare aussi la carte IGN, mais on la retrouvera quelques heures plus tard au fond du sac !
Du coup on se fie au GPS, on contourne de grands parcs à moutons et la bergerie pour récupérer ensuite un sentier qui s'avère bien être le GR.
Mais c'est beaucoup de temps de perdu ...
Et les kilomètres ne se font pas !
La cabane de Châtillon qui marque le début de descente vers la ville nous semble être au bout du monde.
Mais on n'a pas le choix, on avance, d'autant que météo se détériore sérieusement en fin d'après midi.
Il fait froid, le vent souffle et la pluie finit par tomber, une sorte de neige fondue glaciale qui pique le visage, et finit par vaincre le Gore-tex et l'imperméabilité de nos chaussures et de nos vêtements.
Marius lui aussi est trempé (il frise !!!), et nous fait bien comprendre qu'il déteste plus que tout marcher dans le vent et dans la pluie !
Avec ses yeux ronds, il me dit : "Mais tu es sérieux là ?!
Aujourd'hui je me suis surpassé pour toi, et c'est en me faisant encore marcher par ce temps pourri que tu me récompenses ?! Ingrat !!".
Promis Marius, de retour à la maison tu auras ton kilo de carottes et ton bouquet de chardons !!
D'ici là, encore un peu de courage!
Du courage, il n'en manque pas, quand nous devons à nouveau traverser un troupeau de moutons.
Pas moins de 7 énormes patous sortent de nulle part les uns après les autres et nous encerclent en aboyant.
La plupart se tiennent à 2 ou 3 mètres de distance, mais les plus téméraires se permettent quand même de venir renifler le derrière de Marius !
"Attention quand même les gars, vous allez vous prendre un coup de taloche !"
C'est le berger qui arrive pour voir quel intrus ses chiens ont trouvé. Il les rappelle, nous indique que la cabane que nous devons atteindre se trouve à 1/2 heure à pied pour un bon marcheur (on devrait donc y être d'ici 1 heure !) et nous donne un petit tuyau pour trouver le cabanon au cas où le brouillard se lève.
Une heure plus tard, après avoir traversé un plateau et une petite forêt, on arrive sur un autre plateau, avec cet air de "bout du monde" dont on nous a parlé.
Un tapis de verdure qui s'arrête brusquement, qui tombe dans le vide.
Au milieu, deux maisonnettes : la bergerie, et notre cabane !
Sommaire et dans un état de propreté un peu plus moyen que les autres refuges où nous avons dormi, on trouve quand même de quoi allumer un feu pour se réchauffer.
On est tous trempés jusqu'aux os, tant et si bien qu'on laisse même Marius entrer avec nous dans le refuge pour qu'il se réchauffe aussi.
On le ressort au bout de 20 minutes car il n'est pas tranquille, inquiété par le feu qui crépite.
C'est le cœur gros qu'on doit le laisser sous la pluie battante... Quant à nous, comble du comble, alors que c'est le déluge dehors, il nous reste à peine 1 litre d'eau.
Ce matin nous sommes partis avec seulement 2,5 l d'eau dans l'optique d'une journée tranquille qui se terminait à Châtillon ce soir.
Le repas sera donc léger et froid. On sort la carte pour jeter un œil à la descente vers Châtillon.
Des randonneurs que nous avons croisés, tous ou presque, nous ont mis en garde à propos de LA descente de Châtillon !
Glissante, très raide, casse-gueule, dangereuse... Ces mots résonnent dans ma tête et c'est donc très inquiet que je m'endors...
Comment Marius va t il gérer ces 1200m de D- sur 8 kilomètres qui s'annoncent périlleux ...?
On prend un café avec Samuel, tandis que Stéphane (l'autre) a passé la nuit dans sa tente près des ânes.
On discute encore un moment avant de repartir, avec Samuel, comme la veille au soir, chercher de l'eau à la source, située à 20 minutes de la cabane.
Le débit est faible mais suffisant pour remplir toutes nos gourdes et celles de Marius, qui a beaucoup bu en arrivant hier.
Peu de sources coulent encore à cette période de l'année et la plupart sont utilisées et jalousement gardées par les bergers pour leurs moutons.
Autant dire que l'eau est rare et précieuse, et qu'on l'utilise avec parcimonie !
C'est quand on doit s'organiser avec quelques litres d'eau seulement sur plusieurs jours qu'on se rend compte de la facilité avec laquelle on consomme et surconsomme l'eau courante à la maison, au quotidien...
Avant de reprendre la route de son côté, Samuel tient à faire un don pour l'association.
On a échangé nos adresses mails et numéros de téléphone, en espérant que nos chemins se rencontrent à nouveau.
De notre côté, le temps de bâter Marius, il est 11h quand on se remet la route par le GR91.
On traverse la plaine de la Chau.
Le chemin est facile et agréable. On arrive donc sans difficulté au grand plat où l'on va quitter le GR pour un plus petit chemin, au niveau du Grand Veymont.
D'en bas, on distingue une cordée de silhouettes, une trentaine, qui marche sur la crête de ce sommet mythique du Vercors (2341 m).
Après avoir déjeuné à la fontaine sèche des Serrans, on emprunte un petit sentier qui slalome entre les sapins pour atteindre le pas des Chattons, la fin de la ligne de crête du Veymont.
Plusieurs randonneurs s'y baladent ou s'y reposent.
Au sommet, s'ouvre pour nous un panorama grandiose...
Béats, pantois, bref un grand "wahou" !
On est sur les contreforts du Vercors, sur un immense plateau qui domine le Trieves, que l'on voit loin et petit sous nos pieds.
À notre gauche, le grand Veymont, l'Aiguillette. Devant nous, le rocher du Prayet. Loin, les Alpes.
Et les marmottes, qui nous observent en sentinelle, et qui sifflent l'alerte avant de disparaître dans leur terriers.
Vers 16h, on arrive à la cabane des aiguillettes, bien décidés à profiter de cette superbe après-midi, du soleil, de la vue imprenable, de la quiétude du lieu, pour s'y reposer.
Mais un rapide coup d'œil à la météo du coin bouscule nos projets. Des orages sont prévus dès le lendemain et sur les jours à venir.
Du coup, on fait une croix sur notre après-midi détente, et on décide de poursuivre notre route tant qu'il fait beau, pour profiter au maximum des hauts plateaux dans les meilleures conditions.
On se motive, on rebate Marius et c'est reparti !
Direction le Pas des Bachassons.
On continue de monter et de s'émerveiller..
On est à presque 2000 m, et on entame doucement une descente vers la plaine de la Queyrie, verdoyante et vallonée.
Un troupeau de moutons pâture un peu plus haut, on entend les cloches, les bêlements et les aboiements du patou qui veille.
Le cadre est intact, préservé, d'un calme et d'une simplicité magnifiques.
Les randonneurs ont conscience que c'est la responsabilité de chacun de prendre soin de cet endroit un peu magique, pas un déchet n'est abandonné dans la nature et les refuges sont laissés propres et accueillants pour les suivants.
Sur les hauts plateaux de la réserve naturelle, la nature est laissée à l'état brut : elle nait, elle vit et elle meurt sans que l'homme n'intervienne.
Gare à l'endroit ou on pose les pieds et les sabots !
On peine à évoluer mais aussi à s'orienter car le sentier n'est pas balisé et on ne peut plus se fier à l'herbe aplatie.
On sait seulement qu'on doit suivre les keyrns, des tas de cailloux pyramidaux édifiés pierre par pierre par chaque randonneur qui emprunte le sentier.
Petit coup de pouce du GPS pour nous assurer qu'on va dans la bonne direction, car il serait bon et surtout prudent d'arriver avant que la nuit ne tombe.
Un peu plus bas, on est contents de retrouver une alternance d'herbe, bien molle sous nos pieds, et de cailloux calcaires.
Marius commence à fatiguer, ses sabots arrières se "retournent" dans une descente et il se rattrape sur les "chevilles".
Il est temps qu'on arrive.
Enfin, on aperçoit le chalet de Chaumailloux.
En y descendant, on se retrouve sur un vallon herbeux, et au loin on peut apercevoir le mythique Mont Aiguille, fierté des habitants du Trièves, dont la silhouette découpe le ciel crépusculaire et nous fait penser à un vaisseau spatial.
Le refuge en bois est octogonal, sur une moitié il y a des espaces de sommeil superposés, et sur l'autre des tables, autour d'un poêle central.
Nous y allumons un feu qui nous tiendra chaud une partie de la nuit. Nous avons un couple d'allemands en guise de colocataires, ils sont très amusés par la présence de Marius.
Réveillé 2 fois dans la nuit pour voir si Marius allait bien, j'ai bien fait de me lever car la longe s'était coincée sous un tronc.
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| La cabane |
Au matin, dur dur de sortir des duvets car il fait froid.
Je me motive pour allumer un feu dans le poêle pour réchauffer la cabane.
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| Marius a testé le gîte |
C'est seulement à 11h, après avoir profité de l'ambiance du lieu qu'on prend la route pour cette nouvelle journée.
Faux départ, on s'arrête après la première descente.
Le boudin de Marius ne tient pas bien au milieu, et avec les poids des quelques litres d'eau qu'on lui a rajoutés, il se déplace d'un côté ou de l'autre, ce qui fait chavirer son bat.
On le fixe finalement avec des tendeurs, et c'est reparti !
On arrive à la prairie de Darbounouse, après une traversée facile du bois de Carette, même si on prend déjà un peu d'altitude.
On déjeune là, avec vue sur la petite bergerie et les moutons encore parqués.
On rencontre 2 randonneurs qui nous mettent en garde contre les petits loirs qui s'attaquent dans la nuit aux provisions des promeneurs dans l'abri où on dormira ce soir.
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| Petite sieste après le repas |
On évite soigneusement le "Purgatoire", dans la forêt domaniale du Vercors. Ce coin tient son nom du fait des nombreux lapiaz (trous dans le calcaire) qui rendent le chemin dangereux.
On poursuit sur le GR91 qui trace dans la forêt. Le chemin alterne entre des parties tranquilles et d'autres plus techniques.
Mais plus on avance et plus le chemin devient difficile : caillouteux, glissant, raide, et vraiment technique par endroits.
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| Allez marcher là dessus avec des sabots ! |
Souvent il faut faire attention aux lapiaz, et faire un détour pour éviter de risquer que Marius se coince un sabot.
Sur le canyon des Erges, c'est vraiment dur physiquement. On prend 200m de dénivelé dans les cailloux, les plaques de calcaires, les grandes marches, sur un sentier parfois très étroit qu'un grand cheval ne passerait probablement pas ...
En haut du canyon, la vue sur le contrefort Est du Vercors est grandiose !
À 1592 m, nous admirons cette magnifique chaîne de crêtes et de rochers, qui culmine à plus de 2000 m pour la Pérouse, la Balme ou le Playnet.
Après une partie plus tranquille en douce descente, le sentier se corse.
Je me demande parfois si on ne s'est pas trompés de chemin tellement il est éprouvant, y compris pour Marius qui jusque-là avait eu le pied très sur.
Sur cette montée difficile, certains obstacles le mettent en doute et on est obligés de lui ôter le boudin pour l'aider à passer une grosse marche qu'il a cherché à contourner.
Finalement on arrive aux claps de Cognaux ou un balisage GR nous rassure : on est sur le bon chemin !
Trois quarts d'heure après, on arrive enfin à la Jasse du Play, alors qu'un orage gronde entre le sommet de Malaval et Rocherbe, à notre gauche.
Devant le refuge, 2 ânes sont parqués et 2 hommes discutent.
Le temps de débater Marius, de poser nos sacs au cabanon, et on fait la connaissance des 2 personnes déjà installées au refuge.
Il y a Steph, un guide de montagne et spéléologue amateur qui arpente le Vercors avec ses 2 ânes (mère et fils) chargés de matériel à la recherche de cavités.
Et, le monde est petit, c'est un très bon pote à Nico et Caro, les âniers chez qui on était il y a 2 jours !
Marius va passer la nuit dans le parc mobile installé par Stéphane (l'autre !) avec ses 2 ânes.
On rencontre aussi Samuel, un suisse, un vrai aventurier à l'ancienne qui part avec ses 8kg sur le dos, objectif Marseille, puis Compostelle puis, son trip ultime, l'Ethiopie... inch'allah !!!!
Soirée hyper sympa, le voyage, la marche, l'aventure, les rencontres et les miracles du chemin... Le tout à la lueur des éclairs qui tombent au loin, et au son du brame du cerf, quelque part, au profond de la forêt.
On goûte la Chartreuse que Samuel a ramené de la montagne du même nom qu'il a gravie un peu plus tôt...
Et on se raconte nos histoires de voyages autour du poêle à bois du cabanon...
Une très belle soirée qui aurait pu durer des heures de plus si on n' était pas tous fatigués par cette dure journée de marche.
Traverser les hauts plateaux du Vercors pendant 5 jours et 4 nuits, ça se prépare.
Eau, nourriture, itinéraire, refuges où passer la nuit, météo...
C'est une petite expédition et c'est à cette préparation qu'on consacre la matinée.
Nico nous amène faire des courses avant de nous déposer avec Marius au centre ville de Villard de Lans.
Dans un parc, on équilibre les sacoches, délestées de quelques affaires qu'on prend dans nos sacs à dos, puisqu'on rajoutera à Marius une dizaine de litres d'eau.
Sur les hauts plateaux, les sources sont rares et partagées avec les bergers. On sait qu'on ne trouvera de l'eau qu'un jour sur deux.
Marius s'hydratera probablement assez avec l'herbe qu'il mangera, si elle est bien verte, mais au cas où ce serait très sec là haut, on prévoit plusieurs litres pour lui aussi.
À Villard, évidemment, Marius ne passe pas inaperçu, d'autant plus qu'on s'arrête longuement pour déjeuner en terrasse et écrire les cartes postales à nos contributeurs Kiss Kiss Bank Bank qui ont participé au financement du transport de Marius de la maison à Belfort.
Pendant ce temps, Marius est stationné sur la place centrale face à nous.
De nombreuses personnes viennent le voir, le caresser, le prendre en photo.
L'occasion de distribuer des cartes, et une dame et ses enfants font un don pour Solidarité Elisa.
Vers 14h, on reprend la route, direction Corrençon, dernier village avant le parc naturel régional crée en 1970 et la réserve des hauts plateaux.
Sur le grand sentier qui relie les deux villages, on croise de nombreux promeneurs et cyclistes, dont beaucoup nous questionnent sur notre voyage.
Au golf, on rencontre un couple propriétaire de 2 ânes, qui s'interroge sur la possibilité de leur apprendre à marcher avec un bat. Je leur raconte donc la période d'apprentissage de Marius, du premier tapis que je lui ai mis sur le dos à nos premières balades bâtées.
C'est donc en fin d'après midi qu'on rattrape le GR91 que nous suivrons les deux premiers jours. Sans nous en rendre compte, nous voilà déjà à 1100 m, puis à 1360 m.
La montée est progressive et se fait tout en douceur.
Le chemin est souvent recouvert de dalles calcaires.
Marius se débrouille bien, il sait "gravir les marches", on sent les années d'expérience !
On passe à une borne marquant le 45ème parallèle : nous sommes à équidistance (5000 km quand même !) du Pôle Nord et de l'Equateur !
C'est aussi un lieu de mémoire puisqu'ici en 1942 était installé le Camp 2 des résistants maquisards du Vercors.
À une demi-heure de marche de là, alors que la nuit tombe, nous arrivons à la baraque de Carrette où nous passons la nuit.
Un très beau refuge en pierres (ossature bois et maçonnerie de pierres rejointées au mortier du chaux) construit en 1894, autrefois utilisé par les bergers et les forestiers.
Aujourd'hui c'est un abri sommaire pour les randonneurs qui entrent sur les hauts plateaux : une table, deux bancs, un poêle à bois. Quelqu'un y a laissé une bougie pour s'éclairer. On se croirait revenus quelques siècles en arrière ! Ambiance Petite maison dans la prairie garantie !
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| La cabane de Carette (photo internet ) |
Marius trouve son bonheur en herbe tout autour du refuge, puisqu'il est dans une clairière.
Autour de nous, après 21h, oiseaux et insectes sont couchés, le silence est total.
Cette absence des sons m'a toujours impressionné dans le Vercors.
Marius, lui, semble entendre plein de choses vu l'activité de ses oreilles !
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| Ecoutez le silence ... |
Le silence est toutefois troublé de temps en temps par un avion qui passe, mais c'est "sans commune mesure" avec ce qu'on a connu dans l'Ain pendant cinq ou six jours, avec les décollages et atterrissages quasi incessants à l'aéroport de Genève, situé à quelques coups d'ailes de Pégase de nous.
J'avoue avoir fait un gros blocage sur le passage des avions à basse altitude pendant plusieurs jours ... Mais je me soigne !
C'était impressionnant de les voir voler si bas, notamment sur le plateau du Retord.
Demain nous reprenons le chemin et grimperons à plus de 1650 m, direction la cabane Jasse du Play !
Une battue est en cours, gare aux balles perdues !
Une douzaine de chasseurs en gilet fluos quadrillent le secteur plus ou moins perchés dans des miradors, et on entend des dizaines de chiens aboyer dans leurs kennels avant d'être lâchés.
Prudents, nous le serons, en contournant une partie de la zone de chasse, en direction de Contrevoz.
Nous en rencontrons cependant plusieurs, sympathiques certes, mais Marius s'en méfie, il fait un blocage sur les gilets fluos ...
Ou les fusils non cassés ?!
Nous passons finalement sans encombre mais non sans inquiétude. À Boissieu, nous ramenons ses cartes de randonnée à une amie cavalière qui nous les avaient prêtées pour préparer une éventuelle traversée de l'Ain.
Étant absente, on les lui dépose dans la boîte aux lettres, mais on profite de son jardin pour y déjeuner.
La journée est belle et chaude.
Les points de vue sur les montagnes sont magnifiques, et (mais...) on sait que plus on s'en éloigne, plus on se rapproche de la fin.
Le chemin longe des petits cours d'eau, des lacs (Chailloux et d'Armaille), des marais et des tourbières, qui témoignent de la présence d'un vaste glacier dans la région du Bas Bugey voilà plusieurs milliers d'années.
Vers 17h nous arrivons à Arbinieu, village d'arrivée de la Gtj.
Une grosse étape se termine ... 4 semaines, quelques bonnes galères (le terrain, le balisage,..), mais surtout de belles rencontres, de superbes panoramas, 300€ de dons pour l'assoc et un Marius au top de sa forme qui nous surprend et nous fait rire tous les jours !!!
C'est un copain ânier installé à Lans en Vercors qui nous a proposé de nous transporter de l'Ain au Vercors.
Avec sa femme Caro, ils ont monté "Auprès de mon âne" il y a 12 ans (affilié à la FNAR), et louent leurs ânes bâtés pour des balades à la carte sur les hauts plateaux du Vercors, "la plus belle région de France" assurent ils !
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| La décapotable de Marius |
Après un court moment d'hésitation, Marius monte dans le van comme un prince ! Grand luxe, la carriole n'étant pas bâchée, monsieur Marius voyage en décapotable, les oreilles au vent !!!
On est rassurés car on peut le voir derrière nous.
En traversant les villages et les villes (Voiron), Marius se fait remarquer et brait à tue tête.
Aux feux rouges, c'est vraiment drôle de voir la tête des gens ! Deux heures plus tard, on le débarque dans un pré à la sortie du village de Lans, où il est logé avec un tout jeune ânon un peu foufou et un vieux papy pré-retraité.
On se dirige ensuite vers la maison de Nico et Caro, où l'on passe une soirée très sympa.
On a pu faire le point sur le tracé avec Nico, qui connaît le coin comme sa poche et nous donne des infos sur les sources d'eau où l' on pourra se ravitailler sur les 5 jours que va durer notre traversée des hauts plateaux.
Notre action
Le parcours
Le parcours peut évoluer au fil des jours... Suivez le blog mis à jour quotidiennement pour connaître plus précisément notre avancée.
Jour 1- Mercredi 13 août - Andelnans - Montbeliard : 18 km
Jour 2 - Jeudi 14 août - Montbeliard - Saint-Maurice-Colombier : 14 km
Jour 3 - Vendredi 15 août - Saint-Maurice-Colombier - Rang : 17 km
Jour 4 - Samedi 16 août - Rang - Arsuans 14 km
Jour 5 - Dimanche 17 août - Arsuans - Sancey-le-Long : 18 km
Jour 6 - Lundi 18 août - Sancey-le-Long - Charmoille : 16,5 km
Jour 7 - Mardi 19 août - Charmoille - Laval-Le-Prieur : 17,5 km
Jour 8 - Mercredi 20 août - Laval-Le-Prieur - Fournet : 15 km
Jour 9 - Jeudi 21 août - Fournet - Longeville : 20 km
Jour 10 - Vendredi 22 août - Longeville - Pontarlier : 20km
Jour 11 - Samedi 23 août - Pontarlier- Lac de Saint Point (Les Grangettes) 17,5 km
(124,5)
Jour 12 - Dimanche 24 août - Lac de Saint Point - La Chapelle d'Huin : 22,5 km
Jour 13 - Lundi 25 août - La Chapelle - Geraise : 24,5 km
Jour 14 - Mardi 26 août - Geraise - Arbois (La Châtelaine) : 25 km
Jour 15 - Mercredi 27 août - Arbois - Poligny : 18 km
Jour 16 - Jeudi 28 août - Poligny - Château-Chalon : 20.5 km
Jour 17 - Vendredi 29 août - Château-Chalon - Lons-le-Saunier - Verges : 23,5 km
Jour 18 - Samedi 30 août - Jour Verges - Chambly : 25 km
(159 km)
Jour 19 - Dimanche 31 août - Chambly - Abbaye de Grandvaux : 28 km
Jour 20 - Lundi 1er septembre - Abbaye de Grandvaux - Les Rousses : 20 km
Jour 21 - Mardi 2 septembre - Les Rousses - La Joux : 24 km
Jour 22 - Mercredi 3 septembre - La Joux - Giron : 25 km
Jour 23 - Jeudi 4 septembre - Giron - Châtillon-en-Michaille : 21 km
Jour 24 - Vendredi 5 septembre - Châtillon-en-Michaille - Col de Richemond : 25 km
Jour 25 - Samedi 6 septembre - Col de Richemond - Réserve naturelle du marais de Lavours : 26,5 km
(16.5 km)
Jour 26 - Dimanche 7 septembre - Marais de Lavours - Arbignieu
Jour 27 - Lundi 8 septembre - TRAVERSEE DU VERCORS...
Jour 28 - Mardi 9 septembre -
Jour 29 - Mercredi 10 septembre -
Jour 30 - Jeudi 11 septembre -
Jour 31 - Vendredi 12 septembre -
Jour 32 - Samedi 13 septembre -
Jour 33 - Dimanche 14 septembre -
Jour 34 - Lundi 15 septembre -
Jour 35 - Mardi 16 septembre -
Jour 36 - Mercredi 17 septembre -
Jour 37 - Jeudi 18 septembre -
Jour 38 - Vendredi 19 septembre -
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- Jour 36/ Ce sera le dernier jour ...!
- Jour 35/ Âne non expérimenté s'abstenir !
- Jour 34 / Subjugués par les hauteurs du Vercors
- Jour 33 / Des cailloux et des trous !!
- Jour 32/ Premiers pas dans le Vercors
- Jour 31/ 600 km plus tard, à nous le Vercors !!
- Jour 30 (déjà un mois !) Dans la plaine de l' Ain...
- Jour 29/ On amorce la descente dans la plaine
- Jour 28 / On arrête quand de monter ?!?
- Jour 27/ : Confort la bien-nommée !
- Jour 26 / on quitte l' Espagne pour le royaume de ...
- Jour 25 / A deux pas de la Suisse...
- Jour 24 : Les montagnes russes du jura
- Jour 23 : Ca grimpe sérieusement (mais demain ça v...
- Jour 22 : Sur la route des lacs jurassiens
- Jour 21 : Koh Lanta 2 et le retour de la gadoue !
- Jour 20 : Marius dopé au sucre (et au plastique .....
- Jour 19 : À mi-parcours de la GTJ
- Jour 18 : On s'enfonce en terre jurassienne
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